Chaque automne, c'est le même scénario. Les vrais avis de taxe foncière arrivent dans les espaces particuliers, et avec eux une vague de faux emails qui les imitent presque parfaitement.
Le calendrier officiel de 2026 aide les escrocs : le paiement en ligne est possible jusqu'au 20 octobre, le paiement chez un buraliste jusqu'au 15 octobre. Une échéance réelle et proche, c'est exactement ce dont une arnaque a besoin pour paraître crédible.
À quoi ressemble le faux message
Il reprend le logo de la DGFiP, le vocabulaire administratif, parfois votre nom. Il annonce que votre avis est disponible, qu'un paiement est en attente ou qu'un « remboursement » vous est dû. Et il contient un bouton : « Consulter mon avis », « Régler maintenant », « Recevoir mon remboursement ».
Derrière ce bouton, une copie du site des impôts qui vous demande vos identifiants fiscaux, puis votre carte bancaire.
La règle qui suffit
Le ministère de l'Économie le rappelle lui-même dans son communiqué sur les dates de paiement : un email vous annonçant que votre avis est disponible ne doit jamais vous conduire à payer depuis un lien.
Pour payer ou consulter, tapez vous-même impots.gouv.fr dans votre navigateur, ou ouvrez l'application officielle. Si un paiement vous attend vraiment, vous le trouverez dans votre espace particulier. Si rien n'y figure, le message était faux.
Cette règle a un avantage : elle vous dispense d'analyser chaque détail. Vous n'avez pas à deviner si le message est vrai. Vous allez vérifier à la source.
Les indices qui trahissent le faux
Si vous voulez tout de même regarder le message de plus près, voici ce qui doit vous alerter :
- l'adresse de l'expéditeur : regardez ce qui suit le @. Un nom de domaine inventé, même s'il contient « impots » ou « gouv », est un faux ;
- l'adresse du lien : sur ordinateur, survolez le bouton sans cliquer ; sur téléphone, appuyez longuement. Le vrai site est impots.gouv.fr, et rien d'autre ;
- l'urgence : « dernier délai », « majoration de 10 % sous 24 h ». La majoration existe, mais l'administration ne vous presse pas par un email à cliquer ;
- le remboursement : un vrai remboursement arrive sur le compte bancaire déjà connu des impôts. On ne vous demande jamais votre carte pour vous rendre de l'argent.
Le cas des SMS
La même arnaque circule par SMS, souvent sous la forme d'une « amende » ou d'un « impayé » à régler via un lien court. La règle est identique : ne cliquez pas, et vérifiez dans votre espace particulier.
Vous pouvez transférer gratuitement ces SMS au 33700, le service de signalement des spams et arnaques par SMS. Cela aide les opérateurs à bloquer les numéros.
Si vous avez déjà cliqué
Pas de panique, tout dépend de ce que vous avez saisi :
- vous avez seulement ouvert la page : fermez-la, rien n'est perdu ;
- vous avez saisi vos identifiants fiscaux : changez votre mot de passe sur impots.gouv.fr immédiatement ;
- vous avez saisi votre carte bancaire : appelez votre banque pour faire opposition, sans attendre. Nous détaillons la marche à suivre dans j'ai cliqué sur un lien frauduleux, que faire.
Signalez ensuite l'arnaque sur cybermalveillance.gouv.fr.
Pensez à vos parents
Ces faux emails fonctionnent particulièrement bien auprès des propriétaires âgés, pour qui la taxe foncière est un rendez-vous connu et redouté. Un message de deux lignes peut suffire : « Si tu reçois un mail des impôts avec un lien, ne clique pas, on regarde ensemble. »
Pour aller plus loin : les 5 arnaques qui visent le plus nos parents, et notre test anti-arnaque gratuit pour vérifier ses réflexes en une minute.
_L'équipe Cyvio_